
Editeur :
Mosquito
Collection
:
Date de publication : mars 2004
ISBN : 2-908551-63-2
Prix : 13,50 €
Noir et blanc
|
BATTAGLIA Dino, Scénariste/Illustrateur |
Les histoires de ce recueil :
La Malice du
Diable : pastiche des gravures sur bois du Moyen-Age.
Totentanz : la danse des morts, allusion aux danses macabres
du Moyen-Age.
Le Golem : mythe de la créature d'argile qui échappe à son
rabbin créateur à Prague, à partir des textes de Gustav Meyrinck et
plus récemment de Borges.
Le pacte : une belle Comtesse vend son âme au diable pour
garder cent ans encore son inaltérable beauté, clin d'oeil
graphique à l'univers décadent d'Audrey Beardsley.
Le Docteur Jekyll et Mister Hyde : adaptation magistrale de
Stevenson.
Hommage à Lovecraft : un hommage au maître du
fantastique.
(Source éditeur).
Dino Battaglia (1923-1983) a commencé sa carrière d'auteur de BD et
d'illustrateur peu après la seconde guerre mondiale en compagnie
d'Hugo Pratt. Contrairement à ce dernier, il ne souhaitait pas
mettre en scène un héros récurrent. Féru de littérature, il
préférait puiser dans ses lectures l'inspiration de ses planches,
se faisant aussi pour spécialité l'adaptation en bandes dessinées
d'oeuvres de Lovecraft, Maupassant, Rabelais, Stevenson et bien
d'autres.
Le golem regroupe six nouvelles inspirées ou
adaptées de la littérature fantastique, publiées originellement
entre 1969 et 1974 dans la revue italienne
Linus et reprises
en France dans
Pilote : nous y découvrons des personnages
qui négocient avec le diable en personne, un compagnon du Moyen Age
assassin de son maître et entraîné dans une danse macabre, un
rabbin érudit du ghetto de Prague qui prête vie au Golem (une
créature muette et incontrôlable, à la source du
Frankenstein de Mary Shelley). Tout cela se prolonge par les
troublantes confessions du pauvre docteur Jekyll et par un hommage
à Lovecraft où l'épouvante n'est pas incompatible avec une bonne
dose d'humour noir !
Précurseur du roman graphique, Battaglia propose des découpages
audacieux où les cases sont plus suggérées que réellement
délimitées. Mais ce qui emporte l'adhésion est surtout sa technique
virtuose du noir et blanc, son expertise des textures charbonneuses
et des effets de fumée ou de brouillard. Souvent les personnages se
découpent dans un blanc immaculé sur fond de cendre, ce qui leur
donne un aspect fantomatique, voire spectral des plus saisissants.
Tout cela est très moderne. A l'image de la comtesse Lucida qui
dans
Le pacte troque son âme contre cinquante ans de beauté
et de jeunesse immuables, le style de Battaglia est élégant et
captivant... Trente ans après leur création, ces planches n'ont pas
pris une ride !