
Série :
Sin City
Numéro : 1
Editeur :
Rackham
Collection
:
Hors collection
Date de publication : septembre 2000
ISBN : 2-87827-038-X
Prix : 16,50 €
Noir et blanc
|
MILLER Frank, Scénariste/Illustrateur |
"Il fait une chaleur d'enfer. La nuit est lourde. Poisseuse. C'est
une piaule minable dans le quartier minable d'une ville minable. Le
climatiseur est en rade. Même la bière est tiédasse."
Ainsi commence
Sin City. Le décor est posé, le reste de
l'histoire dans laquelle vient de s'embarquer Marv est à l'avenant
: une atmosphère lourde, poisseuse, noire... Marv vient de passer
une nuit inoubliable dans les bras d'une déesse au parfum d'ange.
Qu'est-ce qui a bien pu lui valoir une veine pareille ? Cette
question, il ne se l'est pas posée quand il a vu les yeux de cette
fille, agrandis par la peur, lui demander de passer la nuit avec
elle. Car à son réveil, la déesse est morte... Un réveil brutal,
une gueule de bois au goût amer. La bête en lui se réveille, et
c'est de sang qu'elle se nourrit. Marv s'est assigné une mission :
retrouver l'assassin et lui faire payer. Une mission ? Non, un
devoir ! Et il lui faudra tout le secours de Gladys et des
médicaments pour y arriver, parce que "quand on est malade, c'est
pas bien d'oublier ses médicaments."
Sin City
c'est avant tout un univers. Un univers dont cet album pose les
fondations. L'univers d'une ville dont la police est corrompue
jusqu'au trognon, une ville où, lorsqu'on est riche, tout est
permis. Les héros sont des tueurs, des brutes sanguinaires sans foi
ni loi, qui n'obéissent qu'à une morale qui leur est propre ; mais
dans une ville comme celle-là, ils passent pour des justiciers
bienfaiteurs. Bien que cela se passe de nos jours, les vieilles
bagnoles et la musique country nous renvoient à un univers des
années 50.
Nous suivons le héros à travers ses réflexions, qu'il nous livre en
"voix off", ce qui donne des dialogues réduits à l'essentiel.
L'histoire, découpée en chapitre, est dense, captivante, et servie
par un maître du noir et blanc qui n'a pas son pareil pour rendre
les ambiances crépusculaires. La violence, présente à chaque page,
n'est jamais gratuite, et rend compte d'un monde où il faut avoir
la rage plus tenace que celle du bonhomme d'en face pour pouvoir
espérer survivre. Sin City est un album sombre et violent,
captivant, d'une grande maîtrise narrative, un album qui prend aux
tripes et ne laisse pas indifférent.