
Editeur :
Petit à Petit
Collection
:
Date de publication : avril 2005
ISBN : 2-84949-005-9
Prix : 13,50 €
Couleur
Paris, 1893. Benjamin petit journaliste inconnu, découvre par
hasard dans les affaires de son père une horloge qui a le pouvoir
de suspendre le cours du temps.
Le jeune garçon comprend immédiatement quels avantages il va
pouvoir tirer d'une telle découverte... sans savoir que d'autres
hommes sont prêts à aller loin pour mettre la main sur l'objet.
Très loin...
(Source éditeur).
Dans le grenier de la demeure de familiale, Benjamin Kergalec a
trouvé un vieux cahier de poésies de la main de son père et une
horloge qui, sans avoir été remontée depuis plusieurs années,
continue d'égrener les secondes. De nos jours, cela n'aurait rien
d'étonnant... mais en cette fin de 19
e siècle, c'est
loin d'être anodin ! Le jeune homme enfourne tout cela dans sa
valise et retourne à Paris. Bientôt, il découvre que l'horloge a la
faculté d'arrêter le temps... Quand il l'actionne, tout se fige
autour de lui. Une sorte de brume sépia envahit le monde et
lui-même devient auréolé d'un halo lumineux. Tout serait idéal et
riche en possibilités épiques, si Benjamin était seul à conserver
sa liberté de mouvement pendant la "stase", c'est-à-dire quand le
temps est arrêté. D'autres personnes, hélas, échappent à
l'influence de l'horloge... et notamment toute une bande de
malfrats bien décidés à s'emparer du précieux instrument !
Si nous pouvions arrêter le temps et le relancer aussi facilement
qu'on déclenche un chronomètre ou qu'on met un film en pause, que
ferions-nous de cette extraordinaire faculté ? Cette idée
séduisante a inspiré de nombreux auteurs de fiction. Plusieurs
épisodes de la série fantastique
The Twilight Zone (La
quatrième dimension) ont expérimenté ce sujet. Le premier film
Matrix a relancé l'idée d'un temps manipulable, simple
équation dans un monde virtuel. La bande dessinée n'est pas en
reste : dans leur série
Phenomenum (deux tomes parus chez
Glénat), Jérémie Kaminka et Marc Védrines explorent les
conséquences logiques qu'une telle faculté pourrait avoir sur son
détenteur, dans le monde contemporain.
Les mesures du temps se distingue de toutes ces approches
par le fait qu'arrêter le temps ne constitue plus une trêve ou un
refuge pour la personne qui en est capable. Au contraire, cela
initie des séquences pendant lesquelles les personnes immunisées
contre la stase s'affrontent sans pitié.
Tout cela compose un album sympathique, agréablement mis en images
par Anthony Audibert, dans un trait contemporain assez lâché et une
mise en couleur où les nuances ocres et brunes dominent. Le dernier
tiers de l'album est spécialement enthousiasmant. Mathieu Gabella y
enchaîne les retournements de situations et les révélations
rocambolesques à une vitesse impressionnante. Jusqu'à la dernière
planche on est maintenu en haleine. Point d'orgue de tout cela, un
clin d'oeil facétieux aux fins d'épisodes à la Scoubidou, offre au
lecteur une dernière respiration avant l'ultime dénouement,
grandiose.