Date de publication : mars 2006
ISBN : 2-84961-050-X
Prix : 35,00 €
Noir et blanc
Les dessins de ces deux artistes sont drôles, bizarres,
grinçants, déviants et délirants. D'une extravagance jubilatoire,
ils projettent un regard décalé, résolument pop et surréaliste sur
le monde réel tel qu'il s'affiche.
(Source éditeur).
Les titres
modestes sont souvent trompeurs. Dans le show business, Les
Nuls ne l'étaient pas, Les Inconnus ne le sont pas restés
longtemps. Trois fois rien, de Petra Mrzyk et Jean-François
Moriceau ne fait pas exception à la règle : l'ouvrage n'est
pas négligeable, ne serait-ce que par ses caractéristiques
physiques (plus de 300 pages) et son coût (35 euros). Edité
par Les requins marteaux, il s'agit d'un recueil de dessins,
servant également de catalogue à l'exposition "Bon baisers de
Russie"(*) qui se déroula de janvier à mars 2006 dans une
galerie lyonnaise, La salle de bains, coéditrice de
l'ouvrage.
Les dessins de Mrzyk et Moriceau, un par page ou double page, sont
dans le registre de l'absurde, du délirant, du saugrenu, parfois
même de l'incongru. Quelques exemples au hasard : dans la plus pure
ambiance Western, un grille-pain éjecte deux toasts. L'un, armé
d'un revolver, abat son collègue d'une balle en plein... toast.
Ailleurs, des tyrannosaures et vélociraptors tout droit sortis de
Jurassic Park prennent le thé (ce qui laisse supposer que la
tradition du Five O'clock est plus ancienne qu'on ne le pense).
Parmi les figures récurrentes du livre, des tableaux dotés de bras
et de jambes s'amusent de différentes façons, sauf dans un dessin
où ils se cachent d'un homme armé d'un marteau et d'une caisse à
outils. L'art ne serait libre et ludique que s'il échappe à
l'Exposition ? Contrairement à un recueil de dessins de presse ou
d'humour, tout ne se prête pas à l'interprétation, soit parce que
ce n'est pas le but, soit parce que l'idée de départ des deux
artistes s'appuie sur une publicité, ou un film, qui échappe au
lecteur. Reste que sur la quantité... on s'y retrouve
forcément.
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* Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau empruntent généralement à
James Bond les titres de ses films pour nommer leurs expositions.
Comme ils exposent plus souvent que la filière cinéma ne produit un
nouveau "007", toute la question est de savoir vers quoi ils se
tourneront quand le gisement sera épuisé !