
Editeur :
Kymera
Collection
:
Date de publication : octobre 2005
ISBN : 2-9523169-5-5
Prix : 12,00 €
Noir et blanc
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DALRYMPLE Farel, Scénariste/Illustrateur |
Suivant les pérégrinations d'un casting de personnages surréels,
comprenant entre autres un nain qui peut devenir géant et un jeune
garçon dot d'une paire d'ailes, Pop Gun War représente à la fois
une réflexion sur l'amitié et l'aliénation ainsi qu'une déclaration
d'amour à la ville qu'habite Farel Dalrymple, New York en
l'occurence.
(Source éditeur).

Cela débute par une
introduction d'Ann Nocenti (que je n'ai pas lu) et cela se
termine par une présentation de l'auteur (que je n'ai pas lu),
entre les deux il y a une histoire au titre énigmatique ;
Pop gun war (que j'ai lu). En refermant le livre j'ai
lu aussi la quatrième, fort élogieuse, signé par Craig
Thompson et son excellence Frank Miller. Farel Dalrymple pour
ceux qui ne l'aurait pas compris est plus encore qu'un espoir,
il a été adoubé comme étant un grand de la bande dessinée.
Certes Farel a d'emblé un univers, cependant il lui manque ce
qui le différencie d'un Franck Miller ou d'un Will Eisner :
l'Oeuvre. L'oeuvre : c'est le style, l'écriture, la récurrence
de thèmes, la poursuite, l'approfondissement de son univers,
mais surtout de son moyen d'expression. Farel a du talent,
non, Farel a un don, c'est justement le propos de
Pop gun
war, le personnage, plutôt son double apparaît sous les
traits de Mlle Emily, une chanteuse de grand talent, qui
malgré son jeune âge se produit avec des musiciens plus âgés
dans des salles de concerts. Elle est tellement douée qu'on
lui propose des ponts d'or, pour signer dans des maisons de
disques, ce qu'elle refuse... Pourtant Emily n'est pas le
personnage principal. Elle est en arrière plan, c'est son
jeune frère Sinclair, qui en est le protagoniste premier...
mais avant tout il faut parler de la ville.
Les premières pages de l'album donnent à voir le plan d'une ville,
qui ressemble étrangement à New York, mais un New York ou Central
Park a le nom de Gilpin Park, ou il y a un château Kramazov, une
décharge qui a pour nom : décharge du Vilain Garçon, ou les récifs
s'intitulent : récifs de la Sirène...C'est un bréviaire de poésie
digne de Kurt Schwitters.
C'est une ville, qui a pour nom : Ville. La ville est habitée par
des personnages loufoques. Des habitants que rien n'étonnent ; les
poissons portent des lunettes, les nains grandissent, les voitures
n'avancent pas. Mais surtout la ville est une ville où tous ses
habitants ont un don. La ville est une ville où il suffit de
désirer quelque chose pour aussitôt l'obtenir. Comme ce petit
garçon Sinclair qui veut voler, pour ce faire selon lui, il a
besoin d'ailes. Aussitôt un homme qui en a assez des siennes, se
les arrache, Sinclair s'en empare. A partir de cet évènement nous
suivons l'élévation de Sinclair dans sa nouvelle vie, pleine de
péripéties et de bouleversements. Cependant ce qui fait défaut à ce
livre c'est la cohésion de l'ensemble... La ville et ses habitants,
ne sont qu'une accumulation d'astuces, un truc + un truc = des
trucs. Des effets, des personnages plus inouïs les uns que les
autres, par exemple, un homme qui met des post-it partout, un homme
qui a besoin de tout étiqueter, sur son jean il y a un post-it
"jean", sur la table il y a un post-it "table", sur le plafond un
post- it "plafond".
Dalrymple a des idées, il fait montre d'une grande imagination,
toutefois, il demeure sur le pas de la porte, il ne fait que les
évoquer. Chacun de ses personnages mériterait une histoire à part
entière. C'est ce qu'a réussit Daniel Clowes (leurs univers sont
très proche, sorte d'absurde malsain) dans
Comme Un Gant
De Velours Pris Dans La Fonte. Mais aussi Thomas Ott dans Dead
End, je pense à cet auteur à cause de l'histoire du nain.
Nous vivons dans une époque qui a besoin d'idole (d'icône), avant
il fallait la cohérence d'un parcours, une exigence et une
intégrité à toute épreuve, mais surtout une oeuvre, la singularité
d'une oeuvre. Avec Dalrymple, nous avons les éloges, c'est déjà ça.