Date de publication : mai 2007
ISBN : 978-2-845389-80-9
Prix : 14,00 €
Noir et blanc
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PEKAR Harvey, Scénariste |
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HASPIEL Dean, Illustrateur |
Jusqu'alors Harvey Pekar, l'auteur de comics le plus dégonflé et
déprimé des Etats-Unis était surtout connu en France pour
l'adaptation en film de sa vie dans
American Splendor (
http://www.diaphana.fr/americansplendor/main.html).
The Quitter relate une partie de son enfance et se termine
lors de sa rencontre décisive avec Robert Crumb, au moment même où
débute le film, tiré de ses BD du même titre et dessinées par les
plus grands :
Crumb, Alison Bechdel,
Chester
Brown, Dean Haspiel,
Joe
Sacco ... (liste complète et impressionnante sur
http://joshcomix.home.mindspring.com/and/pekar_artists/).

L'éditeur prend
donc le parti étrange d'éditer en France d'abord The quitter
plutôt que de traduire American Splendor série commencée dans
les années 70 et s'étalant sur une vingtaine d'années. Panini
choisit la facilité en éditant ce petit album et prend le
risque peut-être de décevoir les lecteurs qui ne connaitraient
pas le personnage. Car en effet Pekar est un drôle de gars et
The Quitter nous le confirme, le montrant souvent sous son
plus mauvais jour...
Né à Cleveland dans l'Ohio en 1939, il n'a jamais quitté sa ville.
Ses parents, nés en Pologne dans les années 20, sont épiciers dans
le quartier de Mount Pleasant, refuge de la communauté noire,
faisant ainsi de Pekar, le « pauvre blanc ». C'est dans ce contexte
qu'il entame une des ses activités favorites : la baston. Il
devient peu à peu populaire à force d'affronter tous les caïds du
coin et gagne le respect du plus grand nombre. C'est alors qu'il
songe à entrer dans la Marine. Mais ça ne lui convient guère et le
voilà qui retourne au bercail. C'est le début d'une longue série de
jobs tous aussi insatisfaisants ! Entre lui et ses parents qui se
tuent à la tâche à l'épicerie, c'est l'incompréhension la plus
totale. Ils ne saisissent plus ce gamin qui ne trouve de refuge que
dans la castagne et le jazz. Grâce à la musique, Pekar trouve enfin
un loisir qui lui permet de s'épanouir. A force de culot et de
rencontres providentielles, il devient même critique pour les plus
grands magazines de jazz. Il redevient enthousiaste mais comme à
chaque fois, ses parents sont là pour lui rappeler qu'il ne paiera
pas ses factures avec son hobby. Tour à tour, épicier, disquaire,
documentaliste, tout l'ennuie. Il a pour habitude de dire : « la
vie ordinaire est une chose très compliquée », ce qui dans le fond
est vrai et permet de cerner ce personnage atypique. Pekar est
comme tout le monde, avec ses hauts et ses bas, ses coups de gueule
et de temps en temps un peu d'enthousiasme. Il nous confirme que
grandir n'est pas facile et que tout dégonflé qu'il est, il a
réussi à s'en tirer.
C'est donc un message d'espoir qu'il transmet, celui de quelqu'un
qui renonce à la gloire, qui reste dans son petit boulot peinard et
qui n'a que faire de l'ambition.
Sa vie dessinée par Crumb et les autres montre tout de même qu'il
s'en est plutôt bien sorti ! Dean Haspiel qui a aussi collaboré à
la série
American Splendor, est le dessinateur de ce
Quitter.
Dans cette autobiographie, il ne faut pas s'attendre à de l'action
à gogo ou à moultes rebondissements, le personnage n'appelle pas à
ce genre de péripéties. Si par contre, les cogitations vous
intéressent, lancez-vous ! C'est aussi l'occasion de découvrir
l'Amérique des années trente à soixante et ses problèmes de
racisme. Cet album n'est donc pas aussi vain qu'on pourrait le
penser.