Date de publication : mai 2006
ISBN : 2-84856-067-3
Prix : 19,50 €
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KEKO, Scénariste/Illustrateur |
Un homme, chargé de la communication chez un éditeur qui publie des
ouvrages sur la culture populaire du XXe siècle, se retrouve au
commissariat de police pour un interrogatoire. Un de ses collègues
a été retrouvé mort dans des circonstances mystérieuses. Lui-même a
perdu son travail et connaît des difficultés d'argent, avec une
femme enceinte de sept mois. Pourra-t-il reconstituer son emploi du
temps et débrouiller des souvenirs que l'alcool rend confus ? Un
polar déroutant signé par l'un des maîtres de la BD espagnole.
Toute l'imagerie populaire des années 50 (romans populaires, revues
érotiques, film d'aventures et d'horreur, bandes dessinées, séries
télé, publicités...) se trouve ici recyclée ou détournée, plongeant
le lecteur dans un bain visuel psychédélique et envoûtant. Cet
album a reçu le Prix de la meilleure œuvre espagnole au Salon de la
BD de Barcelone en 2003.
(Source éditeur).

Les
inspecteurs ne portent plus de chapeau, mais fument des Lucky
Strike c'est déjà ça...
Nous sommes dans les années 1990 dans une ville qui ne donne pas
son nom, mais une ville d'Amérique, cela aurait pu être L.A, cela y
ressemble, sans être tout à fait L.A c'est une autre L.A... mais on
devine le quartier au détour d'une rue, d'une avenue, d'un bar
c'est : Muholland Drive... le commissariat de Muholland Drive où un
homme est interrogé par un inspecteur sans chapeau fumant des Lucky
Strike...
Keko possède un univers inquiétant, tout comme Lynch. Ses
personnages sont parano... disons au début puis on comprend assez
vite qu'ils ont atteint la strate supérieure (ils n'ont besoin de
personne, ils se persécutent eux-mêmes) ils sont schizophrènes.
L'homme qui subit l'interrogatoire travaille dans une maison
d'édition, à la section graphisme. Il doit notamment publier un
ouvrage portant sur l'imagerie populaire des années 50, et plus
particulièrement sur l'influence de la chasse aux sorcières dans le
graphisme de l'Amérique de ces années là. Cela le conduit à faire
des recherches, avec un collègue documentaliste, et au détour de
leurs collectes en bibliothèque, sur Internet...
Ils découvrent quelque chose qu'ils n'auraient pas dû...
Un dossier prouvant que la chasse aux sorcières n'avait été qu'une
gigantesque manipulation pour permettre à un danger, hélas bien
plus grand, de demeurer dans l'ombre. Ce danger, c'est une société
secrète qui fera tout pour le demeurer, au détriment de notre homme
et de son entourage, tant sur le plan physique que psychologique.
Ils feront tout pour le détruire et graduellement il va sombrer
dans la folie...
L'homme perd le sens du réel, il finit par confondre le tangible et
le rêve. Ces deux réalités ne cessent de se télescoper aujourd'hui.
Le présent avec les icônes d'hier. Icônes à la fois publicitaires,
journalistiques, cinématographiques et populaires des années 50
d'où le titre :
Plein les yeux.
C'est faire preuve de tautologisme que de donner ce titre à
l'oeuvre de Keko.
J'aurais été d'avis de le changer. Mais il faut reconnaître que les
éditions de l'an 2, ont publié là une oeuvre imposante.
Le scénario est ingénieux, le déroulement du récit est parfait...
Avec le graphisme on atteint le sublime (d'ailleurs cet album a
reçu le Prix de la meilleure oeuvre espagnole en 2003). Keko nous
fait saisir la perception de la réalité de son personnage et c'est
impressionnant de maîtrise. A aucun moment il ne cède à la
virtuosité,
Plein les yeux de Keko, à lire absolument, un
chef-d'oeuvre par un des Maîtres du
CloudyGraphic
ibérique.