
Editeur :
L'Association
Collection
:
Mimolette
Date de publication : septembre 2005
ISBN : 2-84414-172-2
Prix : 6,00 €
Noir et blanc
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LÉCROART Etienne, Scénariste/Illustrateur |
Après
Cercle vicieux et
Le
Cycle, Etienne Lécroart achève sa trilogie oubapienne.
Cette fois-ci, nos héros prennent la décision d'influer sur le
style de leurs aventures. On tentera donc d'adopter une
esthétique populaire voire populiste, aidé par un érotisme de
bon aloi, de comprendre toutes les ficelles d'une vraie bd
d'action. Le tout sans oublier quelques contraintes cachées.
(Source éditeur).

Robert n'est plus
dans la cellule grise...
Mademoiselle Anne, et le Professeur Fignoteau vivent dans une case,
ce sont des personnages de bd, plus précisément ils vivent dans une
cellule dessinée dans une case. Un matin à leur réveil, dans cette
cellule aux 3 lits superposés, ils constatent avec effroi la
disparition de leur copain d'infortune Robert... Oui Robert a
disparu... Oui cette cellule est grise...
Quoique, il ne s'agit pas de la couleur grise, mais bien d'une
cellule grise, et plus particulièrement cette cellule grise fait
partie d'un vaste ensemble à la sémantique alambiquée, d'un monde
où l'aporie est règle, cet univers aux remarques spécieuses, où le
Déconstructivisme est loi, c'est le monde d'Etienne Lécroart. C'est
le dessinateur de cette bd, disons propriétaire de ces cases, de
ces... cellules... d'où à son insu Mademoiselle Anne et le
Professeur vont s'échapper pour partir à la recherche de
Robert...
Il fut un temps, ou on demandait aux sommités de concéder, ou de
bien vouloir mettre à disposition leurs cerveaux pour être
disséqués, ainsi on pensait comprendre le mécanisme de leurs dons,
de leurs arts, de leurs talents : Etienne Lécroart nous dévoile ce
que l'on trouve dans le cerveau d'un dessinateur de BD, autant vous
le dire tout de suite, franchement... Ce n'est pas joli joli, c'est
révoltant, on exploite des gens... Grâce à
L'élite à la portée
de tous, j'ai été sensibilisé à ce que doivent endurer les
personnages pour exister, pour ne pas mourir... Et ceci dès le
commencement, le dessin est une sorte d'esquisse de personnage à
venir, au physique disgracieux, quidam d'une vie ordinaire, pris
dans une tourmente qui soudain, le fait devenir plus grand que
nature, plus féroce qu'il ne devrait l'être, tout cela pour
continuer à vivre... je pense à ces personnages en quête d'auteur.
Je compatis, je fais preuve de commisération à leur égard, pas
comme Etienne Lécroart...
Je reconnais dans cette mise en abyme qui abîme ses protagonistes,
qu'il est doué, il aborde différentes écoles de dessins des années
soixante dix aux mangas ; à cette révolution graphique il fait
coïncider une évolution intellectuelle, ce qui nous donne des
joutes vétilleuses fort drôles... oui c'est drôle, j'avoue j'ai ri,
j'ai même souvent ri de leurs infortunes, mais je ne suis pas à
blâmer moi. Celui qu'il faut blâmer c'est Etienne Lécroart, c'est
un pousse au crime (je fais ici référence à la fin de leurs
aventures), parce que voyez-vous il fait croire à ses personnages
que leur malheur est la résultante du lectorat, voilà la preuve,
qui n'est plus à faire, d'un esprit factieux.
Je profite de cette tribune pour dire, pour affirmer haut et fort à
Annie, à Robert et au Professeur Fignoteau, nous lecteurs, je dis
nous, nous serons toujours du côté des faibles, des opprimés, des
exploités, en un mot... des personnages.