Date de publication : janvier 2005
ISBN : 2-910431-55-X
Prix : 6,00 €
Noir et blanc
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ROCHIER Gilles, Scénariste/Illustrateur |
Tout en haut, dans les étages, échappant au tumulte quotidien de la
ville, loin du sol, de l'autre côté de la frontière des cages
d'escaliers et des ascenseurs (souvent en panne), la vie
s'organise. Gilles Rochier nous rappelle qu'il y a une vie là-haut,
dans ce dernier étage qui isole et protège à la fois. Il faut bien
s'y organiser, créer de nouveaux moyens de communication, préparer
des expéditions pour renouer le contact avec les autres, ceux dans
bas... Dernier étage regroupe une suite d'histoires courtes et
humoristiques mettant aux prises les résidents des grands immeubles
face à l'adversité des gens qui sont au niveau du sol.
(Source éditeur).
Après avoir refermé le livre de Gilles Rocher, je me suis rendu
dans la cité où j'ai grandi, j'ai demandé aux petits de la cité
(15-18 ans) de me donner leur avis, je leur ai confié le livre, je
suis revenu le lendemain, le livre avait fait le tour de la cité,
et leurs réactions ne m'ont guère surpris, ce livre avait fait leur
joie. Puis après je l'ai apporté aux grands (plus de 20 ans),
ensuite aux anciens (dont je fais parti les plus de 30), voici un
échantillon de leurs commentaires :
« Sur ma vie, ce livre est grave bien Mam » « Il a raison, il
déchire ton livre » « Ça fait longtemps que j'ai pas lu v'la ça
fait longtemps » « Moi aussi à part le Parisien », « J'ai rit » «
J'ai reconnu des anciens, je me suis marré j'ai reconnu Momo, il le
connaît ton lascar Momo » « Peut-être ? », « Il est de quelle téci,
ton larcar » « Moi, je te dis qui est des quatre Keuss, t'as vu la
photo ! » « Des… » « Les quatre milles » « Non, non, moi je te dis
qu'il est en province, t'as vu au début, il a une vache dans son
appart, c'est pas possible dans le neuf trois, t'as vu jouer ça où
! ».
Dernier étage comme vous l'aurez deviné est une suite
de chroniques relatant de la vie, des amitiés, des difficultés dans
une banlieue française d'aujourd'hui, avec humour et justesse, par
exemple celui que peut constituer la mise en service après
plusieurs mois voire d'années d'un ascenseur, ou bien des garages
improvisés dans les appartements... C'est drôle, mais c'est surtout
très juste.
Dans Dernier étage, Gilles Rocher fait montre d'une
excellente oreille, il faut entendre le timbre des voix, les
intonations, le vocabulaire si particulier de ses habitants,
incontestablement Dernier étage, comme disait un jeune de
ma cité, pour ne pas le nommer : le petit Nordine « Tu sais mam,
ton mec là, je dis respect ! »