Date de publication : octobre 2004
ISBN : 2-84856-027-4
Prix : 14,00 €
Noir et blanc
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GOSSELIN Thomas, Scénariste/Illustrateur |
Quand on est un groupe de six protagonistes, qu'on doit se séparer
de l'un de ses membres et que personne ne veut être celui-là,
comment choisir qui éliminer ?
L'Humanité moins
un s'empare de cette situation, la répète et la dissémine dans
différents contextes (parmi des écoliers, des chauffards, des
travailleurs manuels, des naufragés...), afin d'en développer, non
sans ironie, les implications et les conséquences logiques,
psychologiques, philosophiques, existentielles.
(Source éditeur).

Ils
sont six. Ils vont devoir éliminer l'un d'entre eux. Ce n'est
ni un jeu, ni une émission de télé-réalité. Le sujet est plus
profond et subtil : différents groupes subissent une situation
critique les amenant à désigner l'un des membres, qui sera
châtié d'une façon ou l'autre. Comment faire puisque personne
n'est volontaire ? Dans l'attente d'un dénouement, chacun pèse
et argumente les conséquences d'un aveu ou du silence...
Il y a d'abord six hommes déguisés en clowns (préparaient-ils un
braquage, un goûter d'anniversaire ou un happening ? au lecteur de
choisir la réponse qui lui convient le mieux) au volant d'une
voiture dont les freins ont lâché. Ils ont provoqué un accident
tragique, mais tous les six sont miraculeusement saufs. Arrêtés par
la police, ils subissent un interrogatoire : qui était au volant ?
Celui-là seul devra assumer l'accident, les autres sont réputés
innocents. Personne dans le groupe ne veut être une balance.
Ailleurs, dans un lycée, un professeur interroge un groupe
d'élèves. L'un d'eux a commis un acte qui mérite une sanction. Qui
? Cette fois, seul le coupable lui-même le sait. S'il ne se dénonce
pas, le professeur menace d'envoyer tout le monde en retenue, une
position dont l'injustice n'échappe à personne. Il y a aussi ces
naufragés rendus à demi fous par la faim et qui commencent à être
tentés par le cannibalisme... Qui doivent-ils sacrifier ? Enfin, un
chef de personnel assez cynique exige de ses ouvriers qu'ils
choisissent dans leur groupe celui qui sera privé d'emploi dès le
lendemain...
Thomas Gosselin est un jeune auteur de vingt-cinq ans. En 2003,
diplôme de l'Ecole supérieure de l'Image d'Angoulême en poche, il
choisit de poursuivre sa formation avec des études de philosophie.
Cet attrait pour la belle pensée se matérialise dans son album : à
l'instar du
Julius Corentin Acquefacques de Marc-Antoine
Mathieu,
L'humanité moins un prête à réfléchir tout en
comportant une haute dose d'humour absurde sur un ton
pince-sans-rire. Dans un portrait chinois, si cet album était un
véhicule, ce serait un OVNI ! Le dessin au crayon, très
caricatural, évoque celui de Blutch avec toutefois moins d'aisance
et de panache. La virtuosité de Gosselin est ailleurs : dans la
narration pleine d'invention (le dénouement de l'enquête policière
est une merveille) et surtout dans les dialogues. Par exemple, les
transitions d'un groupe à l'autre sont effectuées en zappant au
beau milieu d'un discours. Loin d'apporter une rupture, cette
technique engendre des dialogues involontaires (mais drôles) entre
les groupes, par simple juxtaposition des répliques : "Comme l'a
dit le grand Pierre Teilhard de Chardin / Ca suffit comme ça,
merci". Dès la lecture de cet album terminée, on brûle de le faire
découvrir à ses amis. Mais à qui le proposer en premier ?