
Editeur :
La Cafetière
Collection
:
Corazon
Date de publication : juillet 2005
ISBN : 2-84774-006-6
Prix : 9,50 €
Noir et blanc
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FABCARO, Scénariste/Illustrateur |
On a tous quelque chose en nous de... Fabcaro. Chacun pourra se
reconnaître un peu dans ses courts récits d'inspirations
autobiographique et c'est ce qui en fait la force. Les problèmes de
communication et la faiblesse - si humaine - du personnage
principal y donnent lieu à des situations décalées voire
absurdes.
(Source éditeur).
Avec un titre parmi les plus insolites de la décennie,
Le steak
haché de Damoclès pique la curiosité. Cela tombe bien, cet
album mérite justement qu'on s'y arrête. Fabcaro, dessinateur
trentenaire, avait jusqu'à présent surtout travaillé comme
illustrateur de presse. En bande dessinée, les lecteurs attentifs
ont pu repérer son nom dans le Psikopat, dans la revue FLBLB et
dans certains ouvrages collectifs. Pour sa première oeuvre
personnelle complète, il a choisi de se lancer dans une sorte
d'autobiographie qui n'a rien de nombriliste. De courtes séquences
de une à quatre planches lui permettent de mettre en images ses
problèmes de communication. Ce thème lui aurait été soufflé par sa
compagne : "Prends ça comme une thérapie !", ajoute t-elle dans le
prologue de l'album. Voilà qui n'est pas sans rappeler le sketch
introductif d'un des spectacles de Pierre Desproges. Fabcaro
faisant partie des vingt-cinq dessinateurs qui ont rendu hommage au
célèbre humoriste en mars dernier avec l'album
Desproges en
BD, il n'y a rien d'étonnant à ce que cet argument ait porté et
convaincu l'auteur de passer aux aveux.
Avec un formidable sens de l'autodérision et un humour très vif,
Fabcaro raconte les casseroles qu'il traîne depuis sa plus tendre
enfance. Par exemple, une timidité maladive le pousse à ne jamais
contredire ses interlocuteurs, même lorsque cette attitude donne du
crédit aux pires malentendus. Pour n'être pas intervenu à temps
quand le quiproquo commençait à peine à s'installer, une partie de
son entourage est persuadée qu'il travaille dans l'informatique et
des collègues l'ont appelé Fabien au lieu de Fabrice pendant toute
une année. Tout cela est aggravé par son angoisse du regard des
autres et un sens aigu du ridicule. De plus, l'auteur se déclare
incapable de concentration si par malheur une conversation porte
sur un sujet qui ne le passionne pas ou qui dure trop longtemps.
Son discours se ponctue alors de "Tu m'étonnes !" placés au hasard,
pour faire semblant qu'il suit la conversation& Par chance, ces
troubles sont contrebalancés par un coup de crayon expressif et
comique (qui devrait progresser dans les années à venir) et surtout
par un humour remarquable et un vrai talent de la mise en scène (et
en boîte). Savoir se moquer de soi-même est, paraît-il l'apanage
des grands : Gotlib, Trondheim, Bouzard sont les grands maîtres de
cet art. Fabcaro est sur leurs traces !