
Editeur :
Mosquito
Collection
:
Date de publication : janvier 2004
ISBN : 2-87827-076-2
Prix : 22,00 €
Noir et blanc
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BRECCIA Alberto, Scénariste/Illustrateur |
"Au cours de mon premier voyage en Europe en 1959 ou 1960, j'avais
acheté à Barcelone une anthologie de nouvelles d'horreur qui
contenait aussi une nouvelle de Lovecraft,
L'Horreur de
Dunwitch. Après l'avoir lue, je fus pris par une envie
soudaine de l'adapter en bande dessinée. Vite, je me rendis compte
que les moyens traditionnels de la bande dessinée n'étaient pas
suffisants pour représenter l'univers de Lovecraft et je commençais
à expérimenter des techniques nouvelles, comme le monotype ou le
collage. Ces monstres sans forme, tout comme ceux que j'avais fait
dans
l'Eternaute sont ainsi faits parce que je ne voulais
pas me limiter à donner au lecteur ma propre représentation de ces
monstres. Je voulais que le lecteur y ajoute du sien, qu'il utilise
cette base informe que je lui donnais, pour y greffer ses propres
frayeurs, sa propre peur".
Alberto Breccia.
Ces histoires courtes avaient pour la plupart été éditées, il y a
bien longtemps de cela, par les Humanoïdes associés, après une
première publication de certaines d'entre elles dans un hors série
de Métal Hurlant consacré à Lovecraft.Depuis longtemps épuisé, le
livre était devenu une sorte de Graal pour les amateurs de Breccia
et de Lovecraft réunis et sa rareté en faisait un objet fort
dispendieux sur le marché du livre de collection. Remercions donc
Rackham d'avoir remis ces planches hors de portée des spéculateurs
en les rééditant dans un livre d'une qualité irréprochable et en
les augmentant d'une histoire inédite.
Rares sont les auteurs de bande dessinée capables de se frotter à
Lovecraft, tant la grandiloquence de son style et la richesse de
son imaginaire constituent des barrières difficilement
franchissables à une adaptation digeste. Si certains, comme Dino
Battaglia ou Mike Mignola, s'en tirent avec élégance,
la plupart ne réussissent à produire, dans la surenchère graphique,
qu'un indicible brouet au mauvais goût. Ce n'est pas le cas de
Breccia, qui évolue dans l'univers du fameux écrivain sans jamais
se perdre dans ses dédales narratifs, expérimentant avec fluidité
et audace, trouvant aux délires monstrueux du maître des
équivalents graphiques étonnants, créant le malaise là ou le seul
grotesque pourrait aisément transparaître. Insurpassable.